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puce La BD malgache en vidéo de Nicoletta Fagiolo (le 15/02/2008 à 15h05)

LA BD MALGACHE

Extraits d’un film documentaire réalisé par la journaliste Nicoletta Fagiolo

Il faisait partie des auteurs de la belle époque de la BD malgache In povonline.wordpress.com

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puce La BD malgache - Entre réalisme humour politique... (le 15/02/2008 à 15h01)

Entre réalisme, humour politique et courant alternatif : la BD malgache
Entretien avec Pov, dessinateur de presse propos recueillis par Christiane Rafidinarivo
publié le 01/07/2003 AFRICULTURES

 

La Bande dessinée malgache se porte bien. Présente au festival francophone d'Angoulême, elle est active dans l'océan Indien insulaire et africain. Son fer de lance est le dessin de presse, prisé par les Malgaches comme à l'extérieur.

Deux générations conjuguent leurs croquis, les anciens dans l'histoire et l'analyse politique dans la sensibilité réaliste francophone, et les jeunes, s'inspirant plus de la BD anglophone actuelle, dans l'action ou le courant alternatif contemporain.

Comment va la BD malgache, notamment après les événements de 2002 ?

La BD malgache commence à se faire connaître en dehors de l'île, notamment ces derniers temps.

Une revue intitulée " Madabulles ", éditée en 2002 par le Centre Culturel Albert Camus, regroupe une vingtaine de dessinateurs malgaches. C'est un catalogue qui présente succinctement chaque auteur avec un extrait de leurs œuvres. L'ouvrage circule actuellement un peu partout dans les divers centres culturels du monde et contribue largement à faire connaître la BD malgache. Cependant, depuis les événements de 2002, il n'y a pas eu beaucoup de publications en matière de bande dessinée.

Depuis 2002, les auteurs malgaches reprennent le chemin des festivals.

L'année dernière, Jari, Haril, Aimé Razafy (dessinateur de presse) et Anselme Razafy ont participé au festival international de BD de La Réunion. Moi même, j'ai été à Carquefou, en France pour la rencontre internationale du dessin de presse. Mais c'était spécialisé dessins de presse. Puis Jari a été au Mozambique avec Jeannot et P'tit Luc et mi-juin, Jari et Farahaingo participeront au festival international de BD de Maurice. Quant aux prix obtenus, à ma connaissance, après la crise, personne n'a été primé dans aucun festival mais dans le temps, certains comme Mamy Raharolahy a gagné le deuxième prix Calao.

Qui sont les bédéistes malgaches ?

Bien que les auteurs malgaches puissent être classés en deux générations, et qui dans la foulée, définissent ainsi deux écoles, ils sont tous plutôt jeunes. Les seniors, ou la vieille école, tournent autour de la quarantaine. Les noms les plus connus sont, entre autres, Elysée Ranarivelo, Didier " Mada BD "… ainsi que Anselme Razafy qui est plutôt célèbre à l'extérieur qu'à Madagascar même.

La grande majorité des bédéistes est issue de la masse. D'ailleurs leurs milieux déteignent souvent sur leurs œuvres. La jeune génération, fraîchement sortie ou encore dans le milieu estudiantin produit des œuvres très contemporaines.

Les créateurs de BD sont à la fois des dessinateurs et des scénaristes. Comme il n'y a pas de véritable école d'art à Madagascar, les dessinateurs sont notamment des autodidactes. Certains jeunes ont acquis leurs techniques auprès des " anciens " . Ces derniers dispensent des formations dans les centres culturels locaux.

Que publient-ils ?

Outre les dessins humoristiques à caractère socio-politique qui sont les plus prisés, il y a quelques publications mais qui restent souvent ponctuelles. Elle relatent des aventures policières mêlées à l'art martial et aux histoires de guerres.

Sinon, beaucoup d'auteurs, notamment la vieille école, versent dans les adaptations historiques et les contes. D'ailleurs, c'est ce qui définit l'ancienne école de la nouvelle génération.

Les anciens ont été fortement imprégnés par les BD réalistes françaises des années Blueberry. C'est pourquoi, aussi bien dans le graphisme que dans les histoires, ils ont adopté ce style.

Justement, deux livres, dans cette lignée, sont sortis depuis l'année dernière. D'abord " Nampoina ", réalisé par Didier Mada BD, et édité par le Centre Germano Malagasy. C'est un album cartonné de format A4, sorti en 2002 et relatant l'histoire du roi Andrianampoinimerina. Puis, tout récemment, Mamy Raharolahy a sorti " Rakoto ". Il raconte l'histoire du prince Rakoto. Un album édité avec le support du Rotary Club.

Il y a une donc une BD contemporaine parmi les jeunes auteurs?

Les jeunes auteurs déboulent avec de nouveaux concepts. Graphiquement, ils ont délaissé le style réaliste pour le genre " comic " ou avoisinant les " Simpsons " et les " Rugrats "… Ils ont adopté le courant alternatif, effectivement.

La toute dernière publication, datant de quelques minutes, sans doute, est sponsorisée par la société Baobab. Elle s'intitule " Planches en vrac ". C'est une œuvre collective de Jari et de Farahaingo, deux fers de lance de lance de la BD malgache contemporaine.

Il y a quelques mois, un magazine intitulé " R'Eh'Vy " était sorti sur le marché. Les auteurs sont des Antsirabéens, fortement inspirés par le style réaliste. C'est une BD d'action dans le contexte contemporain. Certaines histoires mentionnent les barrages anti-économiques du temps de la crise. D'autres se situent dans la fièvre de la " chasse aux saphirs ".

Quel est le public visé ?

Le public visé semble être les jeunes lycéens et les universitaires. Quelques BD spécialisées sont commandées par des entreprises pour leur usage interne mais la BD publique est surtout adressée aux jeunes.

Cependant, les BD de presse sont largement ouvertes à un vaste public. D'ailleurs, elles sont celles qui ont cultivé la tradition du dessin au niveau du public, durant des années de sevrage en matière de bandes dessinées.

Quel est le regard bédéiste sur la crise ?

Le contenu des BD sur la crise est souvent narrative ou la met en contexte par rapport à une histoire donnée. C'est ce que l'on voit dans R'Eh'Vy.

Le genre dominant de la BD malgache, actuellement, reste les dessins humoristiques à caractères socio-politiques.

La raison en est que les journaux restent les premiers supports de BD pour le moment. Les dessins de presse sur la crise sont satiriques. Des dessinateurs de presse comme ceux de Gazetiko, ainsi que ceux du journal Ngah, tel Ralery, optent pour les commentaires tirés des faits existants.

Toutefois, le style varie d'un dessinateur à un autre. Il y en a qui vont au-delà des chroniques et les dessinateurs n'hésitent pas a y rajouter les fruits de leurs analyses personnelles. C'est ce que Elysée, Aimé Razafy et moi faisons. - Christiane Rafidinarivo (Politologue, LCF CNRS Université de Réunion)

 

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puce Gasybulles 2005 chez Soimanga (le 15/02/2008 à 14h53)


"GASY BULLES 2005" - Chez Soimanga, la passionnante histoire de la BD malgache

"Nos bédéistes doivent fournir encore beaucoup d'efforts pour s'améliorer". La constatation est de Ratovoherinirina, le responsable culturel du studio Soimanga.

Depuis quelques jours, dans le cadre de "Gasy Bulles 2005", la célèbre maison d'édition expose dans ses propres locaux l'histoire de la bande dessinée malgache.

Sur une dizaine de panneaux et quelques vitrines, s'étale l'historique de la bande dessinée.

Dès l'entrée, s'inscrivent la définition du dessin et sa petite histoire. "A Madagascar, le dessin a été initié avec les sépultures traditionnelles, les Aloalo", annonce une inscription.

 On y découvre un extrait de la première bande dessinée à Madagascar, intitulée "Ny Ombalahibemaso" faite par Jean Rakotomamonjy et écrite par le révérend-père Rahajarizafy.

Tout comme des planches des années 70, 80, 90 et 2000. Tout est expliqué en trois langues, en malgache, en français et en anglais.

 Les œuvres des artistes qui ont marqué ces années y sont toutes présentes , à savoir, Richard Rabesandratana, Elisé Ranarivelo, Alban, etc.

Depuis sa génèse à nos jours, la BD malgache n'a cessé d'affronter des obstacles. Aujourd'hui, on ne rencontre plus que très peu d'ouvrages sur le marché.

 Citons, entre autres, les "Pions" de Dwa, ou les séries, plus ou moins continues, des "Benandro". Déclin

On se souvient que dans les années 80, il y avait un foisonnement de titres. Parmi les œuvres les plus connues à cette époque, mentionnons "Eh", "Fararano", "Tsimaniva", "Koditra", "Danz", ou encore "Komando".

Le début des années 90 sonne le déclin de la BD. La principale cause en est attribuée à l'avènement de la vidéo et des films sur VHS dont s'inspirent nombre de nos dessinateurs. Une concurrence, déloyale ou pas, s'est vite installée.

 "Koditra", par exemple, puise largement dans des films comme "Evil Dead" ou "Freddy".

Et le contexte politico-économique de l'époque n'était pas pour inciter les éditeurs à continuer. Survie oblige, les auteurs abandonnent les planches pour les travaux de dessin sur commandes, plus rémunérateurs, à l'instar d'Alban qui a dessiné pour le compte de la Jirama, ou d'autres artistes qui se sont fait embaucher par des librairies.

 Actuellement, la BD malgache survit à travers quelques revues, humoristiques pour la plupart, comme "Gazety Soimanga", "Saringotra", "Ngah", "Manala Azy" ou "Sketch", parmi les plus connus.

Et une bonne chose : les dessinateurs ne cessent de se remettre en question, reconnaissant, par exemple, la nécessité de s'améliorer au niveau de l'écriture du scénario, et l'importance du choix des thèmes. "Nous devrons être réalistes dans la réalisation d'un album", confie Rado, un bédéiste qui expose actuellement ses œuvres au Centre culturel Albert Camus. Il craint la menace d'une "dévalorisation" de la création locale, à trop vouloir s'inspirer des scénarios étrangers. Pour Rado, il n'y a rien de mieux que de "se baser sur les réalités malgaches, de manière à promouvoir la culture nationale et faire valoir sa propre identité"

Vavah Rakotoarivonjy
L'Express de Madagascar du 14-06-05

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puce "Madabulles 2005" Who is who BD malgache (le 15/02/2008 à 14h48)

 

Le Who's Who de la BD locale

BD - "Madabulles 2005", un document majeur sur un art "mineur"

 

La BD malgache existe.

"N'Gah", "R'Eh ! Vy" ou autres feuilles de chou plus ou moins périodiques, maintenues miraculeusement en vie grâce à l'acharnement de quelques travailleurs de l'ombre, tous ces stakhanovistes du crayon et de l'encre de Chine qui entretiennent courageusement et inlassablement, depuis quelques années, la flamme d'une BD qui s'exprime à travers son support roi, le papier et l'édition.

Et il y a la BD qui fait parler d'elle.

 A travers les expositions consacrées à certains auteurs qui y exhibent quelques planches. Lors d'ateliers animés par des professionnels étrangers. Dans les échos des festivals de BD, célèbres ou peu connus, rapportés dans les médias d'ici, parce qu'un ou deux bédéistes malgaches avaient eu le privilège d'y être invités.

Tout un volet "mondain" qui mêle astucieusement l'utile au studieux et à l'agréable, et auquel aura largement contribué le Centre culturel Albert Camus, ces dernières années. Les éditions annuelles successives de "Madabulles", publiés par le CCAC, se situent dans la droite ligne de cette démarche à la fois informative et promotionnelle.

 Se voulant un répertoire de référence de la BD malgache de l'année en cours, cet ouvrage présente, à chaque fois, une trentaine d'auteurs avec des extraits de leurs œuvres.

 Les 28 bédéistes consacrés par l'édition 2005 de ce Who's Who de la BD locale bénéficient chacun d'une courte mais très précise biographie - d'aucuns y auront reconnu la plume alerte de Pierre Maury, le plus célèbre critique littéraire belge de Madagascar !-, illustrée par de larges extraits des dernières œuvres. Notons que la plupart d'entre eux, à l'instar de Pov ou Didier Mada BD, ont déjà fait l'honneur des deux précédentes éditions de "Madabulles", somme toute le document majeur sur un art qui est toujours considéré, par ici, comme mineur. A tort, bien sûr.

 

"Madabulles 2005", qui n'est pas à vendre, est disponible au CCAC.

La couverture fait la large part à un extrait d'une planche de Rado, un des auteurs présentés dans le livre et à qui est consacrée l'exposition qui se tient depuis hier au CCAC.
Entrée libre  - Andry R.


L'Express de Madagascar du 15-02-05 Livre : Bandes dessinées

 

Madabulles 2005 est arrivé

Depuis 2003, le Centre culturel Albert Camus est un tremplin de joie qui permet à nos bédéistes de ce faire connaître au niveau mondial.

Ce, à travers l'ouvrage "Madabulles", authentique "dictionnaire" illustré qui présente et les auteurs de générations diverses -à travers leur curusus agrémenté d'une photo-, et quelques-unes de leurs planches percutantes. 

Les 28 bédéistes malgaches à l'honneur Dans "Madabulles 2005, la Bd d'aujourd'hui a Madagascar", nous nous engageons dans les méandres de la créativité de la crème des bédéistes malgaches.

Au nombre de 28, "choisis parmi les plus créatifs",  il s'agit, par ordre de parution :

(dixit Guy Maurette),

 Agnès (Rakotomahenina Agnès Sylvie, née en 1975)

Aimé Razafy (Razafindrainibe Jean Aimé, né en 1958)

ALDR (Andriamanjakanarivo Lantonirina, né en 1973)

Anselme (Razafindrainibe René Anselme, né en 1956)

Didier Mada B.D. (Randriamanantena Didier Hariniaina Ramamonjiarisoa, né en 1966)

DWA (Andriatsialonina Eric, né en 1982)

Efraïma (Ramanantsoa Efraïma, né en 1981)

Farahaingo (Ratianalison Njaranirina Lova, né en 1973)

Hay (Rakotondrabe Marcel, né en 1972)

Heritreritra (Rakotomalala Hery Nirina, né en 1964)

Heryraz (Razafindranaivo Hervé, né en 1981)

H. Manga (Andrianantoandro Harisolo Manga, née en 1983)

Jari (Razanamparany Thierry, né en 1980)

Jeremia (Rasolofondraibe Jeremia, né en 1980)

Nary (Narimalala Jean Christian, né en 1976)

Ndrematoa (Rakotonomenjanahary Dieudonné, né en 1956)

Nirina (Razafindralambo Jean Nirina, né en 1982)

Pov (Rasoanaivo William, né en 1975)

Rado (Rakotomalala Maminiaina Rado, né en 1977)

Ramafa (Andrianasolo Herizo Tsiorindrainibe, né en 1976)

Ramika (Ratovoherinirina Michel, né en 1971)

Rick Owson (Raveloson Zo Patrick, né en 1988)

Rija (Rarivoarinandriana Rijaharinjaka, né en 1976)

Roddy (Randriamanantsoa Rodolphe Philippe, né en 1957)

Sitraka (Andriamanjatoarisoa Sitrakiniaina, né en 1983)

Tojo (Rabemanantsoa Tojo Alain, né en 1975)

Tsila (Rabemila Tsilavo Nirina, né en 1979)

ZZE (Randriakoto Roger, né en 1976)

***

Démonstration de talent "Madabulles 2005"

le troisième d'une série qui -merci Ccac !- fera partie de l'Histoire écrite de la Bande dessinées de la Grande île.

 Voici des extraits de l'éditorial rédigé par Appollo :

"(...) Dans ce troisième Madabulles, l'équipe du Ccac a réuni encore une fois des auteurs précieux -et rares, dans une île où les supports de publications existent si peu- qui font la démonstration de ce qu'est le talent dans l'île rouge.

Ici, et depuis des années, des artistes racontent des histoires en images, à leurs façons singulières, avec une constance étonnante.

La bande dessinée malgache -Madabulles ne cesse de le démontrer- est variée, à la fois graphiquement et dans son propos : c'est une richesse que l'on trouve rarement ailleurs, et on sent que ce bouillonnement intense de talents, cette culture de l'image, ce désir de raconter et de partager finiront par triompher, et que Madagascar se fera bientôt une place de choix dans la géographie de la planète BD (...)".

 

Sachez que ce "répertoire" qui ne peut être vendu !

Rado expose encore au studio bleu du Ccac, jusqu'au 26 février 2005.

Madagascar Tribune du 16/02/05 - Recueillis par Jeannot R.

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puce Madagascar: BD de l'origine à nos jours (le 14/02/2008 à 14h05)

Madagascar - BD de l'origine à nos jours (Publications)

In ILES EN BULLES  dans Ide.auf.org   

Agence Universitaire de la Francophonie - Littérature d’enfance

 

MADAGASCAR

On peut presque parler de génération spontanée pour Madagascar, puisque la première Bande dessinée Malgache est apparu en 1961 et s’intitulait Ny Ombalahibemaso de RAKOTOMAMONJYSOA Jean d’après un scénario du révérend père RAHAJARIZAFY.

Elle relatait la vie du grand roi ANDRIANAMPOINIMERINA, mais présentait des lacunes dans la documentation vestimentaire, les coiffures etc...

Plus tard, c’est le tour de Besorongola de XHY, seul dessinateur Malgache à avoir été publié dans Charlie Hebdo.

Puis ce fut le premier album cartonné malgache qui s’appelait Hery et relatait succinctement l’Histoire de l’Ile (dessins et scénario du français Michel FAURE).

Dans les années 80, le premier magazine apparaît : Fararano, suivi en 1982 d’un magazine intitulé tout simplement He qui rassemble quelques-uns des meilleurs dessinateurs de l’époque. Le succès est immédiat. De là naît une ribambelle de fanzines : Toky,Radanza, Kobra, Benandro, Tsimaniva, Avotra...

En 1984, l’Ile participe pour la première fois au Salon International d’Angoulême avec RABESANDRATANA Richard et NDREMATOA.

La même année paraît Aventures dans l’océan indien.

Par ailleurs, les éditions TSILEONDRIKA se distinguent avec notamment la série à succès Koditra de RAKOTOSOLOFO Gilbert.

En 1989, 20 ans après Michel FAURE, un autre français Patryck VAUCOULON publie deux albums sur la grande île.

Jusqu’à la fin des années 80, c’est le règne des comics books dans le monde de la BD malgache et peu d’albums cartonnés sont édités.

Mais à partir de 1991, c’est le déclin : le pouvoir d’achat s’effrite, mais aussi la désastreuse pratique de la " location " des livres, formule qui satisfait les loueurs et lecteurs de BD, mais ruine les créateurs.

Seules quelques œuvres soutenues par la coopération française ou francophone sortent de temps à autres : Les jeux sont faits, Liza ou Les fables de La fontaine et permettent à ces auteurs d’exprimer leur talent.

En parallèle, de 1986 à 2000, le journal réunionnais Le cri du margouillat publie régulièrement des auteurs malgaches dont ANSELME et RODDY.

Début 2000, la BD malgache se relance grâce à l’association MADA BD qui réalise, avec l’appui du Centre culturel Albert Camus, deux albums collectifs, Sary gasy et Ny lasa no miantoka ny ho avy, présentés à la 2ème journée Africaine de la BD à Libreville en 1999 et au 27ème salon international de la BD d’Angoulême en 2000, suivis en 2003 par Dahalo.

En 2001, Didier RANDRIAMANANTENA alias Didier MADA BD publie dans le journal L’express, deux histoires, Anosy fahagola et surtout Nampoina, repris, plus tard en album. Puis, il signe le premier album solo malgache édité en Europe IMBOA , tome1 : le roi et Ifara aux éditions italiennes Lai momo. Son travail peut être également visible en France puisqu’il publie deux planches dans chaque numéro du mensuel Madagascar magazine, distribué dans quelques points de vente parisiens.

 

En 2002, Equilibre et population édite un album collectif Africain intitulé L’ombre du baobab, avec deux dessinateurs malgaches : Alain Bruno RANAIVONJATO et Elisé RANARIVELO.

En 2002 et 2003, la maison d’édition lilloise Palmier vert publie deux numéros d’une revue de BD Africaines intitulée AFROBULLES, avec Didier RANDRIAMANANTENA , Fenosoa RATOVONIAINA, Jean de Dieu RAKOTOSOLOFO et Aimé RAZAFY.

Puis, au mois de juin 2005 Albin Michel sort BD Africa, un album collectif de dessinateurs africains présenté par P’tit luc.

Cinq bédéistes malgaches participent à l’aventure dont RADO et RODDY, invités la même année au festival de B.D de la Réunion (Cyclone Bd) et Maurice (Iles en bulle).

Côté magazine, à partir de 2000, des journaux spécialisés BD recommencent à paraître petit à petit à Madagascar comme la gazette Ngah qui arrive à vendre 20 000 exemplaires par semaine (en malgache) avec des dessinateurs " nouvelle génération " comme RA-LERY, THIERRY ANKOALA, RICHARD, RAFANOELA, ainsi que les journaux R’ehvy et surtout Faka qui réédite la fameuse série BD populaire Benandro.

Continuant sur sa lancée, le Centre culturel Albert Camus publie tous les ans, depuis 2003, le répertoire de la BD malgache intitulé MADABULLES.

Cette année il a lancé en mai le mois de la Bande dessinée malgache qui a culminé avec le salon de la B.D Gasy bulles 2005 et une superbe exposition retraçant l’histoire de la B.D malgache au studio de la Maison d’édition Soimanga.

Des dessinateurs nouveaux apparaissent, comme DWA qui a sorti en 2004 le premier des deux tomes d’un album intitulé Pions mais aussi RADO (Les nuits magiques en 2005) et RAMAFA.

Enfin, signalons le travail de Elisé RANARIVELO qui publie en album, dans sa propre maison d’édition (" Elisé production ") ses caricatures de L’express depuis plusieurs années, totalisant 7 albums tous très vendus sur les marchés de la capitale, parmi eux Les fonds baillés, L’empêchement et Les présidentielles, publiés en 1997 et 1998 ou Les planches flottantes en 2001.

Il avait été précédé quelques années auparavant par Aimé RAZAFY qui avait regroupé en un seul album (Sans cible en 1993) 90 de ses caricatures parues dans Madagascar tribune.

Aujourd’hui, les auteurs abandonnent les planches pour les travaux de dessin sur commandes, plus rémunérateurs, à l’instar d’Alban qui a dessiné pour le compte de la Jirama, ou d’autres artistes qui se sont fait embaucher par des librairies.

Actuellement, la BD malgache survit à travers quelques revues, humoristiques pour la plupart, comme Gazety Soimanga, Saringotra, Ngah, Manala Azy ou Sketch, parmi les plus connus. Malgré la sinistrose ambiante, les dessinateurs ne cessent de se remettre en question, reconnaissant, par exemple, la nécessité de s’améliorer au niveau de l’écriture du scénario, et l’importance du choix des thèmes

 

Œuvres individuelles et collectives publiées

  • Besorongola de XHY & M’AA, première B.D purement malgache, dans les années 1970. (XHY a d’ailleurs publié dans Charlie Hebdo...)
  • Ombalahimaso de RAMAMONJISO Jean et le père RAHAJARIZAF. Première B.D publié à Madagascar en 1961. ¬-* Hery de Michel FAURE, SME, 1975. Premier album cartonné publié à Madagascar par un auteur français
  • Benandro, Tsimaniva de RABESANDRATANA, Richard, œuvres tirant à la fois sur le fanzine, la revue et l’album B.D.
  • Roddy, de Besata sy itamby, 1979.
  • Aventures dans l’océan indien, ouvrage collectif. éd. Segedo, 1985. Avec, déjà, RODDY, Alain Bruno RANAIVONJATO, RAZAFINDRAINIBE, Anselme, etc.... Ouvrage publié suite au premier festival B.D malgache en 1984.
  • A.MI (Aristide MIRAY), Tefy et Tiana N°1 : chapeau, Tonton ou le gang des six, Horaka, 1984.
  • Fidy, Humour malgache, 1984.
  • Bédégasy N°0, 1er album collectif malgache, 1986.
  • Ingalingalivola, Bd en noir et blanc, 1989.
  • Lémuries en péril de Patryck VAUCOULON, 1989.
  • La terre des milles reproches de Patryck VAUCOULON, 1989.
  • RODDY, Mba fantatrao ve NY HABOKANA, BD en noir et blanc realisé pour le programme national de lèpre et l’Association Raoul FOLLEREAU, 1991.
  • Kinesithérapie, 1991.
  • Liza de RABESANDRATANA, Richard et RODDY, supplément BD destiné aux instituteurs du journal La plume N°5. 1992. Financé par la coopération française.
  • RAHAROLAHY MAMY et RODDY dans Au secours : concours CALAO 1992. Ed. Segedo, 1992. ISBN : 2-905973-07-2.
  • RAZAFY, Aimé, Sans cible, Ed. SME, 1993. L’un des premiers albums de caricatures malgaches.
  • Connais tu tes droits ? , Unicef Madagascar, 1993.
  • Les fables de La Fontaine, réalisé par un collectif d’auteurs malgaches. 1996 avec RODDY, RANARIVELO, Elisé, NDREMATOA, etc....
  • XHY & M’AA, Fol amour, la question d’Elie, Ed. Grand océan, 1997.
  • Les jeux sont faits,Album collectif édité par le Centre culturel Albert Camus en 1997 à l’occasion des Jeux de la francophonie, avec notamment RAHAROLAHY MAMY, RODDY, Jean de Dieu RAKOTOSOLOFO, Alain Bruno RANAIVONJATO, NDREMATOA et RANDRIAMANANTENA, Didier.
  • Sary Gasy, album collectif, 1999. recueil de 13 dessinateurs de l’Association Mada BD dont RAHAROLAHY MAMY , RODDY, Alain Bruno RANAIVONJATO, Didier RANDRIAMANANTENA, NDREMATOA, Jean De Dieu RAKOTOSOLOFO, etc.... Réalisé avec l’appui de la coopération française, l’album est aujourd’hui épuisé.
  • Mada BD, ny lasa no miantoka ny ho avy, album collectif, 1999. Avec RAKOTONDRAZAFY, Didier RANDRIAMANANTENA, RAKOTOSOLOFO et RAHAROLAHY MAMY, Association MADA BD.
  • RAZAFINDRAINIBE, Anselme. Retour d’Afrique. Sainte Clothilde (Réunion) : Centre du monde éditions, 1999. ISBN : 2-912013-05-4
  • RANARIVELO, Elisé, Les planches flottantes, Alizé éditeur, 2001.
  • RANARIVELO, Elisé, Les fonds baillés, Alizé éditeur, 1997.
  • RANARIVELO, Elisé, L’empêchement, Alizé éditeur, 1997.
  • RANARIVELO, Elisé, Les présidentielles, Alizé éditeur, 1997.
  • RANARIVELO, Elisé, Debout... en bout, Alizé éditeur, 1999.
  • RANARIVELO, Elisé, La faim justifie les moyens, Alizé éditeur, 2000.
  • Elisé RANARIVELO apparaît également avec Pourquoi lit on dans le métro ? (3 planches) dans l’album collectif italien Africa comics, 2002, Ed. Lai Momo.
  • Nampoina, RANDRIAMANANTENA, Didier (surnommé Didier Mada BD), 2002. Cet album est, avec Imboa, toujours disponible à la vente sur le site : http://www.sobika.com
  • Didier RANDRIAMANANTENA (Enfant de rue : 4 planches) et JARI (2 planches) apparaissent dans l’album collectif italien Anthologie du prix Africa e Mediterraneo, Africa comics, 2003, Ed. Lai Momo.
  • IMBOA, le roi et Ifara, RANDRIAMANANTENA, Didier (surnommé Didier Mada BD), Ed. Lai momo (Italie) en 2004. Prix spécial Africa e mediterraneo en 2003.
  • Ramy RALAIARIVELO dit POV, Composez le 18, Ed. Midi Madagasikara, Antananarivo, 2004. Recueil de caricatures parues dans la presse.
  • Ramy RALAIARIVELO dit POV, En voie de développement, Ed. Midi Madagasikara, Antananarivo, 2004. Recueil de caricatures parues dans la presse.
  • Dwa, Pions, AIZA ? Ed., 2004.
  • Album collectif, sous la direction de RAMIANDRISOA-RATSIVALAKA, Alban : Vato ambony riana : Fondation de la nation malgache, Soimanga Studio, 2005
  • Fahazavana vaovao : La nouvelle lumière, sous titre : Ny fahatongavan’ ireo misionera voalohany tany atsimo : L’arrivée des premiers missionnaires dans le sud de Madagascar, Soimanga studio, 2005.
  • NDREMATOA, Citron. Centre Culturel Albert CAMUS, 2005.
  • RADO, Nuit magique. Centre culturel Albert CAMUS, 2005.

 

Ouvrages collectifs publiés en Europe

  • Boulevard Sida, ouvrage collectif. Tourcoing. Ed. ABDT, 1996. Avec trois auteurs malgaches : Fenesoa RATOVONIAINA, Jean-Emile RAZAFIMAHEFA et Davialisoa HOLISOAMALALA.
  • A l’ombre du baobab, album collectif regroupant plusieurs artistes africains, principalement congolais mais aussi malgaches (Alain Bruno RANAIVONJATO et Elisé RANARIVELO), 2000.
  • Afro bulles 01, couleur café et Afro bulles 02, la piste malagazy. éd. Palmier vert, 2002 et 2003. ISBN : 2951069332 (pour le 01) et 2951069340 (pour le 02). Album collectif avec Didier RANDRIAMANANTENA , Fenosoa RATOVONIAINA, Jean de Dieu RAKOTOSOLOFO, Aimé RAZAFY.
  • Afro bulles 03 qui est paru en 2005, compte également des auteurs malgaches.  B.D Africa, album collectif d’auteurs africains, 2005 contenant des planches d’auteurs malgaches : RADO, JARI, Jean de Dieu RAKOTOSOLOFO, NDREMATOA, RODDY. Déjà épuisé.
  • Enfin, petite curiosité, Didier RANDRIAMANANTENA a dessiné sa version d’une pin up dans un ouvrage collectif canadien bilingue anglais/français paru en 2001 : Flirt : Sensual, Wild & Sexy Pin-Ups ! (avec également l’auteur réunionnais Li An)

 

Revues

  • Fararano gazety, dont les débuts ont commendé en 1981, et bien d’autres " comics book " comme Toky, Radanza, Kobra,Benandro, Tsimaniva, Za... ! et Tsaina (avec Richard RABESANDRATANA comme directeur de publication pour ces trois derniers titres), Avotra. Danz, etc... aujourd’hui disparus.
  • Plus récemment, au début des années 2000, Faka, journal ayant publié la B.D Benandro, ainsi que R’ehvy, Radanz ou Faniaiky.
  • Ngah, publie toujours aujourd’hui à 20 000 exemplaires, entièrement en malgache.
  • Enfin, le journal Kouakou des éditions Segedo, soutenu par le ministère de la coopération française durant plusieurs décennies a publié quelques planches de dessinateurs malgaches en 4ème de couverture : RABESANDRATANA, Richard (Série Etienne du N°97 au N°115) et RAZAFY, Aimé (N°88 et 89), entre autres.

Ouvrages scolaires avec Bandes dessinées

  • A.MI (Aristide MIRAY), Tefy et Tiana à la campagne, le français en 1er cycle, 1986.
  • A.MI (Aristide MIRAY), Tefy et Tiana en ville, le français en 1er cycle, 1985
  • A.MI (Aristide MIRAY), Tefy et Tiana à l’usine, le français en 1er cycle, 1984
  • A.MI (Aristide MIRAY), Tefy et Tiana en famille, le français en 1er cycle
  • A.MI (Aristide MIRAY), Tefy et Tiana font du sport, le français en 1er cycle Tous imprimés avec l’aide du Centre Albert CAMUS.

Livres illustrés

  • RAZAFIARITSARA, Ando & JERY, Ikoto et les cannibales, Filigrane éditeur, 1999.

Documents de référence

  • Madabulles 2003, publié par le Centre culturel Albert CAMUS, présentait les auteurs malgaches de B.D en activité.
  • Madabulles 2004, publié par le Centre culturel Albert CAMUS, présentait les jeunes auteurs de B.D (moins de 30 ans) de Madagascar.
  • Madabulles 2005, publié par le Centre culturel Albert CAMUS, présentait toute l’actualité de la B.D malgache.

" A Madagascar, des dessinateurs sans public ? " de Pierre Maury in Africultures N°32, " Dossier BD d’Afrique ", novembre 2000. - Christophe Cassiau-Haurie

 

(Christophe Cassiau-Haurie est conservateur de bibliothèque.

Après avoir géré de 2000 à 2005 le "projet d'appui à la documentation en République Démocratique du Congo" pour le compte de l'Ambassade de France en RDC, il est aujourd'hui chargé de mission, responsable de la Médiathèque du Centre Culturel Français de l'Île Maurice.

Il est l'auteur de plusieurs articles sur la situation de l'édition en Afrique et s'est spécialisé en particulier sur la bande dessinée en Afrique.

 Il a coordonné le festival mauricien de Bd Il' en bulles 2005 et 2007 et a été commissaire de l'exposition mythes, contes et légendes : l'univers e Laval Ng (Tananarives, juin 2007).

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